"Un cri de desesespoir et un avertissement&am

Mercredi 8 mars 2006, 3h00 du matin. La classe de 1ère L du lycée ***** **** se presse en groupe dans le froid, excitée, anxieuse. Je suis dans le tas, un peu détachée, avec une amie. "J'suis pressée ! Il arrive quand le car ? Qu'est-ce qu'elle fait la prof de français, on attend qu'elle !" Avec toute cette agitation,  à peine avais-je eu le temps de soupirer un ouf que nous etions déjà tous installés dans le car qui nous mènerais à l'aéroport de Tours. Mon amie a eu peur de ne pas partir : elle avait tout prévu, mais pas ses papiers ! avant que le car ne démarre, elle a pu joindre non sans difficultés, sa mère qui lui a aussitot rapporté son portefeuille. Nous sommes partis, l'angoisse est tombée. Il y avait une autre classe dans l'autocar. Une classe de collégiens turbulents, mais nous étions tous dans le même état d'euphorie dûe à l'exitation et à la fatigue. Je me fichait de la route. Nous on voulais y être. Rien de plus.
Arrivée à l'aéroport. C'était rempli de classes qui partait le même jour au même endroit. Y avait même des gens du lycée de mon grand frère. Je me sentais mal ; je suis un petit peu agoraphobe, la foule me fait peur. Après avoir passé les contrôles de sécurité, voilà que mon amie aussi a peur. Non seulement de la foule elle aussi, mais également de prendre l'avion. Moment difficile pour toutes deux, ainsi que décevant : notre professeure de français ne passe pas la douane, son passeport n'étant pas en règle. Non ! On voulait tellement qu'elle soit avec nous. On le voulait tellement ! Restait la professeure d'histoire géographie, un peu plus détendu avec nous que pendant les heures de cours. Je dirais même que finallement un a passé d'agréables moment avec elle (sourire). Puis je me retrouve soudainement seule au milieu de visages pour la plupart inconnus. Il y avait deux portes à prendre pour accéder à l'avion : je devais sortir par la porte A. Je m'effondre sur un siège, me tord les doigts, commence à pleurer, c'est encore cette foule... Je détaille un garçon qui est en face de moi : il a à peu près la même coupe de cheveux et les mêmes vêtements que B., un garçon de ma classe, je trouve cela drôlement amusant, d'autant que son équivalent est à côté de moi. Je crois d'ailleur que les amis de B. lui ont fait remarquer que son sosie se trouvait dans l'aéroport. Tout le monde se lève ? on y va. On passe un dernier contrôle, on court vers l'appareil, pas un gros appareil, mais quand même assez important. J'avais déjà pris l'avion, et il était bien plus petit encore. Il y avait énormement de vent, à Tours. Si je n'étais pas si lourde j'aurais cru qu'il m'emporterai. Encore un peu angoissée quand en gravissant les marches, je me détend une fois assise dans l'avion, rejointe par mon amie qui était sortie par la porte B. Le temps d'avant décolloge paraît interminable, mais on finit par bouger. Quelques petites manoeuvres, Attachez vos ceintures, relevez vos tablettes et blablabla.  Quand le décollage a commencé les collegiens surtout ne peuvent s'empecher de crier : projetés au fond de leur siège, ça allait vite, pour eux c'etait le "fun". D'ailleur je ne me souvenais pas que l'avion atteignait une telle vitesse avant de quitter le sol... Le temps de la montée est assez difficile pour moi, j'ai des vertiges, tout tourne autour de moi, les voix résonnent dans ma tête, tête lourde précision-le. Je crois me souvenir que mon premier vol ne m'a pas autant fait d'effet, la fatigue, sûrement. Mais une fois stabilisés tout le monde ne regarde qu'une chose : la mer de nuages que nous survolons, éclairée par le soleil. Ma voisine ne peut retenir des exclamations émerveillées "woah, c'est magnifique !" Et on mitraille avec nos appareils ce paysage fantastique. Tout ça était un spectacle qui ne m'était pas inconnu, mais le plus restait à venir. Après divers sujets de conversation et tripotages de ventilation, un heure plus tard environ, les nuages se dissipent. On voit l'Autriche ! Je n'ai jamais rien vu de tel. Et là ! Nous sommes au dessu-de la République Tchèque, que je me vante aussitôt d'avoir déjà visité. Nous nous régalons les yeux mais toute chose à une fin : Nous somme en Pologne, nous atterissons. Et là, ça recommence : je suis prise de vertiges pendant que mon amie me dit "hé reste avec nous !" Nous sortons, tout est recouvert de neige. (sauf la piste lol).Faut repasser par la douane. Moi j'aime pas la douane. En plus le douanier n'as pas du tout l'ai content d'être là : il mastique un chewing-gum avec tres peu de discrétion, et ne cherche pas à cacher qu'il aimerait mieux être au lit ou devant la télé : il nous fusille du regard, soupire bruyamment. Etant facilement impressionable, je décide de ne pas me laisser démonter. Il me jette un regard noir, je le lui rend, et je m'en vais toute fière de moi (il m'en faut peu !). Des bus nous attendent à la sortie pour nous mener vers des cars dans lesquels nous sommes répartis par classe. Une guide polonaise nous raconte l'origine et la vie des Juifs de Pologne pendant que nous traversons Cracovie. Puis un survivant de la déportation nous compte son témoignage. Nous avons déjà eu la chance de rencontrer au lycée un des 70 rescapé français, et un deuxième était là, avec sa volonté, son besoin de témoigner. Nous sommes épuisés et à moitié somnolents, mais je ne veux pas m'endormir, par respect pour cet homme, par respect pour ce qu'il avait vécu, par respect pour ce qu'il avait à dire. M Zilbermyne est très ému, très fatigué et ne trouve pas ses mots. Finallement il ne peut continuer, s'excuse et se tait. Pauvre homme. Dure journée qui nous attend pour un homme de cet âge. Finallement gagnée par l'épuisement je m'endors d'un demi someil, continuant de tant à autre à ouvrir les yeux pour observer le paysage froid que nous traversons. Je dors tout en me disant C'est beau la Pologne. Qu'est-ce que c'est beau. C'est drôlement beau. Ici, une église. Là, une maison, bien dans le style du pays. Même un petit bidonville. Un étrange monticule de terre qui ressemblerai à un pyramide circulaire. Petit à petit apparaisent les panneaux "Museum Auscwitz". Petit à petit, nous approchons de l'enfer terrestre. Petit à petit, l'on voit se rapprocher cette image que tout le monde connait, l'entrée d'Auschwitz II - Birkenau : le camps de la Mort.

La suite plus tard.
Le car s'arrête, devant cette grand porte, ainsi que tous les cars suivant (nous étions entassés dans plusieurs cars). Cela parait tellement superficiel, dit comme ça. Il y a des années, c'était des trains. Des trains des affreux trains, des wagons à bestiaux insalubres. On ne tenait debout que parce que l'on y était agluttinés, collés les uns aux autres. Des heures là dedans, avec pour seule entrée d'air une petite lucarne, une minuscule lucarne, couverte de barbelés. Tout le monde respirait le dyoxyde de carbone de tout le monde, l'odeur de la sueur, puis plus tard, l'odeur de l'urine et des défections. Certains mourraient. Pleuraient, peut-être ? Des heures là dedans. Une véritable torture que les nazis prennaient plaisir à infliger sans se salir les mains. A l'arrivée, ont attendait le salut mais en sortant (en tombant du train pour la plupart) les monstres les attendaient devant les portes de l'enfer qu'ils leur réservaient. Et les yeux s'écarquillaient. Et ils allaient mourir.
Et nous, on est arrivé, comme des belles fleurs. Mon appareil suspendu autour de mon cou, je remarque soudain un panneau indiquant une interdiction de prendre des photos. "Oh ben non !" Avec mon amie, nous retournons dans le car en pestant pour ranger nos appareil (ainsi pour toute la partie sur Birkenau, les photo ne serons pas de moi). Que la visite commence. Nous voilà donc à nouveau répartis par groupe. Nous avons de la chance en ce qui concerne le guide polonais : il est franchement pas mal... le problème c'est qu'il ne parle pas tres fort, alors cela ajouté à l'accent polonais je vous raconte pas. Il passe dix minutes à parler devant devant un plan du camps. Nous on veut rentrer. On veut voir. On est venu pour ça. Après ce discours dont je n'ai pas saisi le quart du quart, on nous fait enfin rentrer, et monter en haut du mirrador principal.

Vue d'ensemble du camps

le 10/04/2006 à 18h39
En gravissant les marches, je pense, je cogite (ça m'arrive...cogito ergo sum), je m'attend déjà au pire. Ici ce n'est pas rien, c'est le camps de la mort. et pour moi, le camps d'extermination est forcement pire que le camps de concentration. Je commence déjà à me préparer psychologiquement, à me mettre en condition. Arrivés en haut du mirrador, je constate que peu de barraques sont encore debout. Ce n'est pas exactement ce à quoi je m'attendait. Tout le camps est recouvert de neige, c'est sinistre, mais, ça me fait de la peine de le dire, c'en est presque beau. Et puis je vois des gens qui sortent leurs appareils et qui mitraillent. Et qui est dégoûtée d'avoir remis le sien dans le car ? Ben c'est bibi. D'autres s'en fichent royalement et regardent leur pieds, pour ne pas dire leur nombril. Je commence déjà à afficher une mine déconfite, dans ce lieu ou le silence règne, un silence de mort pour être plus exacte. M. Zylbermine nous décrit les lieux. Ici, les baraques pour les hommes, là bas, pour les femmes, et tout là bas... l'extermination. Ces grandes cheminées, ne commencez pas à penser au pire, c'est le pseudo-chauffage des barraques. Là où les barraques ont été détruites restent les cheminées. Nous allons redescendre, direction... et bien surprise, et attendons nous à une mauvaise surprise.

Les latrines

le 10/04/2006 à 18h56
Nous voilà dehors. Il y a tellement de neige que nous nous enfonçons jusqu'au cheveille, non en fait ça dépend où on marche. De plus, la neige est genlé en dessous, on peut facilement se "casser la figure", comme on le dit vulgairement. On traverse une sorte de pont en bois, avant de s'enfoncer à nouveau dans la neige, mais plus on marche, plus on s'approche des baraques encore debout. A l'entrée de celle ou nous entrons, la neige à fondu, c'est boueux, et nous égoïstes commençons à râler pour nos chaussures, moi comprise, puis, me rendons compte de mon attitude, murmure un "pardon..." inaudible. Je crois que je m'adressait à Dieu et à ceux qui ont vécu cet enfer.
 La destination surprise, la voilà : les latrines. ou plutôt, le "mouroir", pour reprendre les termes exacts de M. Zylbermine, qui nous explique que cet à cet endroit que se retrouvaient toutes les maladies gastriques les plus douloureuses et les plus désagrébles. ici, ça sentait mauvais, ici, on était humiliés, ici tout le monde venait avec sa dissentrie ou sa dhiarrée, criait de douleur, ici on mourait. Je regardait cet espèce de grand bloc de pierre creux où était percé des trous, j'imaginait la souffrance dans toute sa "splendeur", mais je sais que ce que j'imaginais était une bagatelle. En sortant, je remarquait que des gens avaient jeté leur canettes de soda ou leurs paquets de clopes vides dans le trous. Extrêmement choquée, je m'exprime à haute voix "comment peuvent-ils ???" Des gens autour de moi ayant fait le même constat m'approuvent. Qu'on m'explique si les gens sont inconscients, irrespectueux ou simplement stupides ? Nous sortons par la porte de derrière. Bouleversée, je suis le groupe. Ou nous emmène-t-on, maintenant ? Je manque de trébucher en marchant dans une congère (je ne peux pas m'emepcher, quand j'en voit une). Voici une autre barraque. D'exterieur, rine ne la différencie de la première.

Des étagères pour dormir...

le 29/05/2006 à 20h26
Nous entrons donc, toujours en constatant qu'il y a de la boue à l'entrée et que nos godasses sont toutes sales. Chers visiteurs, bienvenue dans les... "dortoirs"? Enfin là où les déportés étaient censés dormir. ça ressemble à des lits superposés, sauf qu'il y a quatre "lits" les uns sur les autres et qu'il y en a jusqu'au fond de la baraque. "Lits" entre guillement parce qu'en fait c'était rien d'autre que du bois et en plus (si ce n'est pas de la cruauté) ils étaient penchés, c'etait un lit sur deux penché vers la droite, un lit sur deux penché vers la gauche.. "A combien pensez vous qu'on dormais, là dedans ?" Nous demande M. Zylbermine. Je ressemble mes souvenirs... j'ai déjà vu ça dans un livre d'histoire, de pauvres hommes squelettique entassés dans ces espèces d'étagères. Alors je ne dit rien mais je me dis "bah... 5-6, surement". Réponse de M. Zylbermine : une vingtaine c'était un minimum. Ouah ! Je n'en reviens pas. Je regarde encore les "trucs" en bois. Je ne voyais pas comment, même maigre, on pouvais tenir à 20-30 personnes là dedans. J'ai peut-être mal compris ??? Non. Il reprend : en principe, on était 30. Je ne comprend toujours pas... même aujourd'hui. Je ne comprend pas comment on peut tenir à 30 dans ce machin. C'est aussi épouvantable qu'inimaginable. Nous notons aussi, quelque chose qui ressemblais à une cheminée. Un brun d'humanité chez les nazis ? Non. C'est juste pour faire semblant. Mon indignement est à son comble quand je remarque les grafittis laissés par des visiteurs qui nous ont précédés. Mais ce n'est pas possible ! après les canettes dans les latrine ! Heureusement qu'il y avait aussi des fleurs laissées... Une royal english school... des gens de toute la terre... ici un drapeau d'Israël et de palestine (oui je me demande aussi si c'est vraiment l'endroit pour ça). Mais après cela nous repartons. C'est là que nos pieds, nos estomacs vont être mis à rude épreuve (et on ne s'y attend pas à ce moment là), mais aussi nos coeurs et notre conscience. Là par contre, ça paraissait plus qu'évident.

©2006 - Bloxode.com est un service gratuit de Lexode.com - Prévenir d'un abus - Conditions d'utilisation